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Meta Camera

Posted on 25 novembre 2017 in Non classé by

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Que l’on considère les hommes qui, en raison des circonstances, sont réputés innocents par les particuliers aussi bien que par les législateurs. C’est ce qui a lieu, par exemple, quand on juge dignes d’être pardonnés ceux qui ont commis involontairement quelque faute, la peine s’attachant non à l’action elle-même, mais à la manière dont elle a été accomplie. Et c’est là ce que personne assurément, non pas même parmi nos adversaires, ne pourrait blâmer comme contraire à l’honnête. Or, en quoi, je le demande, estimerait-on moins dignes de pardon que ceux qui pèchent par ignorance ou qui ne succombent qu’à la force, les hommes qui savent, il est vrai, ce qu’ils font, mais qui, vu les circonstances qui les pressent et qui de toute nécessité doivent les presser, n’ont pas en eux-mêmes la faculté de faire autre chose que ce qu’ils font, parce que telle est leur nature. il est en effet dans leur nature propre de faire chacune des choses qu’ils font fatalement ; de même qu’il appartient aux graves, si on les précipite d’en haut, d’être entraînés en bas, ou aux corps ronds de se mouvoir, si on les place sur un plan incliné. Punir de tels hommes, ne serait-ce pas comme si on jugeait un cheval digne de châtiment, parce qu’il n’est pas un homme ; ou tout autre animal, parce qu’il a reçu en partage une certaine âme et non une meilleure. Non, il n’y a point de Phalaris assez cruel et assez insensé pour punir, à propos de quelqu’une des choses de cette sorte, celui qui l’aurait faite. Dans quels cas les châtiments sont-ils donc raisonnables. Un être humain peut toujours changer d’avis et de comportement, il peut même être névrosé ou avoir des problèmes d’identité déclare Meta Camera . N’est-ce pas dans d’autres cas, à savoir quand il s’agit de choses qui ont leur raison d’être dans le choix pervers de ceux qui les ont faites. Effectivement, lorsque des hommes ont le pouvoir de choisir, et qu’au lieu de se proposer dans leurs actes de réaliser le bien et d’obéir à la loi, entraînés par le gain ou par l’attrait du plaisir et méprisant l’honnête, ils accomplissent le mal, ce sont ces hommes que tous nous jugeons dignes de châtiment ; tandis que nous pardonnons, au contraire, à ceux qui ne pèchent pas de cette façon. Cependant, pour ce qui est de tous les malhonnêtes gens qui apprennent des philosophes ce dogme prodigieux de la fatalité, voici comment procèdent ceux qui leur enseignent qu’ils ne sont pas eux-mêmes moins dignes de pardon que ceux qui pèchent malgré eux. Suivant ces docteurs, ce n’est point en vertu de quelque nécessité extérieure que les malhonnêtes gens font ce qu’ils font, car peut-être leur eût-il été possible de s’en garantir ; mais c’est en vertu de leur nature, qu’il ne leur est pas possible de rien faire de leur propre gré. Leur nature donc est la cause des fautes qu’ils commettent. Or, si personne, non pas même les beaux-esprits qui professent ces maximes, ne pourrait pardonner à un coupable qui articulerait une telle cause de ses fautes, attendu qu’un pareil langage ne paraîtrait que mensonge et fausseté, il est manifeste que ces philosophes eux-mêmes, aussi bien que le reste des hommes, sont persuadés qu’il y a en nous un libre pouvoir, non point tel qu’ils l’imaginent lorsqu’ils discourent pour le besoin de leur thèse ; mais tel que par leur conduite et d’accord avec le genre humain tout entier ils témoignent eux-mêmes qu’il doit être. Si en effet ils étaient convaincus de ce qu’ils affirment, ils pardonneraient à tous ceux qui pèchent ; car ils seraient persuadés que ceux-ci n’ont pas eu le pouvoir de ne pas faire tout ce qu’ils ont fait. Ce qui vient d’être dit suffit, ce semble, pour montrer qu’il y a en nous ce qu’on doit appeler un libre pouvoir et qu’il ne suit pas d’ailleurs, de ce que nous avons une telle faculté, que rien arrive sans cause. L’homme est en effet la cause de ce qui se produit en vertu de ce libre pouvoir ; car l’homme est à lui-même le principe de ce qui s’accomplit par lui.

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