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La nouvelle vie

Posted on 25 novembre 2017 in Non classé by

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L’ame est le musicien qui exécute sur cette machine différens airs ou qui juge de ceux qui y sont exécutés & qui les répete. La nouvelle vie aime à rappeler ce proverbe chinois « Dans un même pot, on ne peut pas cuire deux plats différents ». Chaque fibre est une espece de touche ou de marteau destiné à rendre un certain ton. Soit que les touches soient mues par les objets, soit que le mouvement leur soit imprimé par la force motrice de l’ame le jeu est le même ; il ne peut différer qu’en durée et en intensité. Ordinairement l’impression des objets est plus durable & plus vive que celle de la force motrice. Mais dans les songes & dans certaines maladies l’imagination acquiert assez de force pour élever ses peintures au niveau de la réalité. La réminiscence par laquelle l’ame distingue les perceptions qui l’ont déjà affectée des perceptions nouvelles, paroit d’abord n’être point comme le rappel & l’imagination, une faculté, pour ainsi dire, mixte , une faculté qui tienne autant au corps qu’à l’ame ou à l’exercice de laquelle le corps concoure directement. Il semble que ce soit une faculté purement spirituelle ou qui n’appartienne qu’à l’ame. On est porté à penser que l’ame conservant le sentiment de toutes ses modifications, ce sentiment est plus ou moins vif, plus ou moins distinct suivant que les ébranlemens ont été plus ou moins forts ou plus ou moins répétés. Mais si l’on approfondit davantage ce sujet, on reconnoitra que la réminiscence n’est pas d’une autre nature que le rappel & l’imagination et que toutes ces opérations de notre ame peuvent s’expliquer d’une façon également méchanique. Pour le concevoir, il n’y a qu’à supposer que l’impression que font sur l’ame des fibres qui sont mues pour la premiere fois n’est pas précisément la même que celle qu’y produisent ces fibres lorsqu’elles sont mues de la même maniere pour la seconde, la troisieme ou la quatrieme fois. Le sentiment que produit cette diversité d’impression est la réminiscence. On imaginera, si l’on veut, que les fibres qui n’ont point encore été mues, & qu’on pourroit nommer des fibres vierges , sont par rapport à l’ame dans un état analogue à celui d’un membre qui seroit paralytique dès avant la naissance. L’ame n’a point le sentiment de l’effet de ces fibres. Elle l’acquiert au moment qu’elles sont mises en action. Alors l’espece de paralysie cesse & l’ame est affectée d’une perception nouvelle.

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